Doit-on avoir peur de collaborer ?

Doit-on avoir peur de collaborer ?

Aujourd’hui, je vous propose un pot-pourri de plusieurs études et de différents acteurs de l’Open innovation : la propriété intellectuelle et la culture organisationnelle à la loupe.

Propriété intellectuelle

Une étude réalisée par PwC (PricewaterhouseCoopers), Innovation et performance, Où en est votre R&D ?, réalisée en avril 2010, rapporte que le risque associé à l’Open innovation le plus cité par les responsables de R&D est celui de la contrefaçon sur la propriété intellectuelle.

D’après l’étude de bluenove d’avril 2011, Les grandes entreprises françaises et l’Open innovation, près de 90 % des personnes interrogées pensent que qu’une démarche d’Open innovation expose leur entreprise à des risques de vol ou de détournement de propriété.

Dans un article des Echos du 31 octobre 2011, Philippe Grand, associé au sein d’Ernst & Young, confirme encore cette idée : « La question de la propriété intellectuelle et des partages de revenus futurs est souvent au cœur des sujets de dysfonctionnement, car présentée de manière dogmatique : les grandes entreprises détiennent et détiendront la propriété intellectuelle future (pour tuer une collaboration, c’est assez efficace…). Or la propriété intellectuelle appartient à chacun des membres pour la partie qu’il apporte au projet commun et la question se résume à la reconnaissance d’une éventuelle propriété intellectuelle, à son utilisation future et au partage des revenus futurs. »

Toutefois, en novembre 2011, dans leur étude Open Innovation: What’s Behind the Buzzword?, Accenture et l’Institut pour l’Innovation et la Compétitivité i7 notent que « si l’Open Innovation améliore la capacité d’innovation des entreprises, elle réduit surtout le time to market (contrairement à l’idée reçue que la collaboration entre différentes organisations prend du temps). Ce qui procure un avantage concurrentiel significatif en gênant la copie par des suiveurs, surtout pour les PME qui ne sont pas toujours correctement protégées au plan juridique. Car, contre toute attente, l’innovation ouverte améliore la protection de la propriété intellectuelle : dans un contexte collaboratif, il est impératif d’expliciter la répartition de propriété intellectuelle entre les partenaires, ce qui implique de traiter cette question en amont.

L’étude révèle, par ailleurs, que l’Open Innovation n’est pas moins chère que l’innovation interne : elle permet surtout de mutualiser les risques. », (propos recueillis sur www.Opticsvalley.org).

Finalement, on aurait peur du vol et du détournement de propriété intellectuelle mais organiser et structurer la collaboration entre les partenaires dès le début permettrait d’éviter les possibilités de vol ou de détournement !?

Culture organisationnelle

PwC positionne le changement culturel nécessaire à l’adoption de l’Open innovation comme un autre risque et propose alors de

  • « Introduire une dimension consultative et participative dans la mise en place des stratégies d’Open Innovation, au sein des communautés R&D.
  • Valoriser les comportements « Open Innovants » dans les plans de motivation. », (propos recueillis sur le blog d’Innovation partagée).

D’après Accenture et l’Institut pour l’Innovation et la Compétitivité i7, le point clé à développer au sein de l’organisation et avec les partenaires est la confiance. « Certains groupes interrogés ont différencié leur approche en fonction du type de partenaire (les fournisseurs, les chercheurs, les start-ups…). « Dans tous les cas, construire un climat de confiance fondé sur une approche gagnant-gagnant constitue une règle d’or à laquelle les entreprises sont soucieuses de se conformer pour obtenir des résultats à long terme », précise le rapport.« , (propos recueillis sur www.Opticsvalley.org).

Enfin, bluenove établit que « les sociétés françaises (85,3%) ont conscience qu’il est indispensable de « mobiliser tous les collaborateurs de l’entreprise dans un effort global d’innovation » et que le budget des départements de Recherche et Développement  (78,2 %) n’est pas le facteur principal. Il s’agit ainsi d’intégrer les services de communication, les directions de systèmes d’information et à l’évidence, les Directions de ressources humaines. Ces dernières sont d’ailleurs perçues pour 88,5% des entreprises comme un moyen de fidéliser les collaborateurs autour de l’Open Innovation. », (propos recueillis sur www.atelier.net).

Il s’agit donc de savoir mobiliser les collaborateurs dans un climat de confiance et de partage, en commençant déjà par favoriser la communication ouverte entre les départements de l’entreprise.

Toutefois, précisons tout de même que « l’Open Innovation est multiforme en fonction du degré d’ouverture et de l’objet de la collaboration. Nous avons ainsi identifié trois types d’approches : l’Open Innovation orientée vers certaines thématiques, l’Open Innovation orientée vers certains partenaires et l’innovation complètement ouverte. L’ouverture n’est souvent pas totale. Et pour tendre vers une démarche 100 % ouverte plusieurs étapes sont nécessaires. », propos de Julie Fabbri, secrétaire générale de l’Institut pour l’Innovation et la Compétitivité i7, co-auteur de l’étude « Open Innovation: What’s Behind the Buzzword? », recueillis par www.Opticsvalley.org).


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À propos de audreyjammes

Passionnée par le management de l'intelligence collective, je m'intéresse aux nouvelles façons de travailler et de vivre ensemble. Je m'initie à la communication non violente, à la psychologie positive... Je m'intéresse également aux pédagogies alternatives, à l'habitat partagé et bientôt à la permaculture... Enfin, j'aime jouer, lire, voyager et explorer...!

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  1. […] laquelle les entreprises sont soucieuses de se conformer pour obtenir des résultats à long terme.Via audreyjammes.wordpress.com Share this: Intelligence […]

  2. Merci pour cette compilation! je rebondis là-dessus:

    « Finalement, on aurait peur du vol et du détournement de propriété intellectuelle mais organiser et structurer la collaboration entre les partenaires dès le début permettrait d’éviter les possibilités de vol ou de détournement !? »

    Analogie avec la propriété d’une maison: l’open innovation, c’est tout le monde qui se met au même chantier pour construire un immeuble commun. La peur du vol et du détournement, c’est la peur de travailler plus que son voisin et de le voir finalement occuper le meilleur appartement… au point de ne même plus vouloir travailler ensemble sur cet immeuble commun, malgré les avantages (un seul toit à construire, etc)! La solution, c’est l’organisation et la structuration de la collaboration entre les partenaires dès le début pour définir qui fait quel travail (les obligations: tu fais les murs, et moi les fondations et le toit) et qui obtient quoi au final (les droits: tu prends le 1er étage, et moi le 2e).
    Cela nécessite de l’expérience de part et d’autre, d’où l’affirmation que les grandes entreprises s’en tirent mieux – elles ont simplement souvent du personnel plus expérimenté pour ces négociations…
    C’est aussi d’autant plus compliqué qu’il y a de partenaires juridiques (parfois autant que de personnes impliquées dans le projet!).
    Mais c’est possible et même nécessaire pour tout projet sérieux! Cela n’empêche pas de construire une cathédrale pour le bien de tous au final, mais dans ce cas il faut bien que ce soit clair au départ que ce n’était pas un immeuble à but lucratif et que la cathédrale ne pourra pas être récupérée pour un but lucratif – c’est exemple de certaines licences open source…

    Pour un exemple d’implémentation en pratique dans l’innovation technologique avec brevets à la clé, voir par exemple l’approche de Volvo sur http://www.conopa.com%2FFiles%2FPowerpoint%2F10CONOPA_Copenhagen_2008_08_28_final.ppt.

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